Historique du Ballon

1. Les "ballons"

"Ballon". C'est ainsi qu'on désigne les aérostats qui s'élèvent à l'aide d'une enveloppe sphérique : des appareils qui peuvent se tenir (stat) dans l'air (aéro) grâce au stockage d'un gaz plus léger que l'air dans une enveloppe. Les tenants du plus léger que l'air se sont longtemps opposés aux partisans du "plus lourd que l'air" qui, eux, croyaient à l'aviation.
Parmi les pionniers de l'aérostation, il faut mentionner les frères Joseph et Etienne Montgolfier, pères de la Montgolfière, ce “ballon" qui réussit à s'élever dans les airs, soulevant des hommes dans sa nacelle.

2. Les aerostiers militaires a Toulouse

Très tôt, la technique du "ballon" intéressa les militaires. Le premier corps d’aérostiers est créé pendant la Révolution (13 Germinal, An II) par le Comité de Salut Public. Coutelle prend une part active à la bataille de Fleurus, à bord de son ballon de combat “l'Entreprenant”. Au cours de la première guerre mondiale, le rôle de l’aérostation d’observation est important. Elle fournit un intéressant complément de surveillance du champ de bataille : embarqués dans les nacelles, les aérostiers donnent par signaux optiques ou par téléphone des renseignement sur le terrain, la position des troupes ennemies, leurs batteries et aide au réglage des tirs d’artillerie amie.
Après la première guerre, le corps des aérostiers qui relève de l’arme du génie devient une arme à part entière : l’aérostation. En juillet 1920 sont créés le 1 er et le 2 ème régiment d’aérostation et d’observation, l’un à Versailles et l’autre à Toulouse. Ils disposent chacun de plusieurs bataillons, d’un parc de matériel et d’un atelier de réparation.

3. Le hangar a ballons de la plaine de l' Hers

En 1921, les aérostiers de Toulouse - le 2 ème régiment - sont stationnés à la caserne Pérignon alors située à l'extrême périphérie de la ville. Pour leurs exercices, ils se rendent sur la commune de Balma voisine toute proche.
En 1923, le régiment déploie ses bataillons de part et d’autre de l'Hers, la petite rivière qui marque la limite entre les communes de Toulouse et de Balma. Les constructions d’infrastructure et magasins y voient bientôt le jour autour de l'immense hangar où sont entretenus les ballons, également appelés "saucisses" en raison de leur forme. Ce "hangar a ballons" fut la première construction à marquer l'installation des aérostiers à Balma.

Maintenu par des arcs-boutants, le hangar à ballons ressemble à une cale de grand carénage dans laquelle sont amarrés les ballons à l'entretien. Al'intérieur, des rambardes qui courent le long des parois de cet immense hangar vide permettent d'accéder aux parois des ballons. Sur le toit du bâtiment, une verrière sert de vigie et de poste de commandement lors des entrées et sorties des ballons.
Plus tard, par déformation, on appellera ce hangar tout simplement "le ballon".
Le hangar est largement ouvert vers la colline de Balma que les ballons doivent franchir lorsqu'ils quittent la plaine de l'Hers. Les "saucisses", plus lourdes et moins facilement manoeuvrables que les ballons sphériques, sont déplacées d'un point d'observation à un autre – généralement situé sur une hauteur - par une voiture automobile à laquelle les relie un câble. Un treuil permet de ramener "la saucisse" vers le sol ou, au contraire, de lui faire prendre de l'altitude. C'est lors d'une de ces manœuvre de déplacement que, le 11 juin 1333, le câble de l'une d'entre elles accrocha le paratonnerre du clocher de l'église de Balma.

4. Apres les "ballons"

Le ministère de l’Air créé en 1931 engerbe les régiments d’aérostation d’observation. En 1934, le 2 ème régiment de Toulouse devient 53 ème demi- brigade d’aérostation (le goût des réformes ne date pas d’hier). A la fin des opérations de mobilisation de la deuxième guerre mondiale, la 53 ème demi-brigade est dissoute et laisse la place à une base école et dépôt chargée de fournir aux unités d’aérostation les personnels et matériels spécialisés dont elles auraient besoin. Les progrès de l’aviation de combat conduisent à la disparition de l’aérostation. Après la guerre, en 1944, la base d’aérostation de Balma est transformée en dépôt de matériel de l’armée de l’air.
L'histoire des "ballons" et des aérostiers de Toulouse a cependant marqué les lieux : le quartier militaire situé sur la commune de Balma conserve aujourd'hui encore l'appellation de "quartier Balma-ballon".
Ce quartier connaîtra plusieurs occupants successifs : un centre aérien technique de réception et d’entraînement en vol (1944), le parc régional de réparation et d’entretien du matériel de la 3 ème région aérienne, la base aérienne 209 de Toulouse- Pérignon- Balma et centre d’instruction des transmissions (1945), un centre d’instruction d’opérateurs radio de l’armée de l’air (1946), une école des exploitants des transmissions 209 (1951), une école des transmissions par fil, base école des transmissions de l’armée de l’air 727. (1954), la base aérienne 281 de Toulouse- Pérignon- Balma (1958), l'école des transmissions par fil, base école des transmissions de l’armée de l’air 727 (1962), le 45 ème bataillon allégé du génie de l’air, la base aérienne 130 de Toulouse- Balma (1964), le 45ème régiment du génie de l’air (1972), le "14 ème" (1977) et, depuis 1999, l'état-major de la 11 ème brigade parachutiste.
Au cours des ans, le hangar à ballons fut dédié à de multiples usages. On finit par aménager l'espace intérieur par cette construction pratiquement unique en France, puisqu'il n'en subsiste que deux, d'ailleurs classées. La seconde se trouve sur la base aérienne de Villacoublay et on peut l'apercevoir lorsque l'on passe sur l'autoroute A10 qui longe la base. Aujourd'hui, le "ballon" dont l'espace a été divisé en trois étages a perdu sa vocation initiale. Le rez-de-chaussée sert de lieu de stockage. Les trois étages sont un pôle d’instruction et d’entraînement physique et sportif. Seul le nom demeure : on l'appelle aujourd'hui encore : "le ballon".