La Casquette

Une curieuse casquette

A cette époque, la coiffure du soldat était le shako, lourd et rigide, très pénible à porter ainsi que tout le reste de la tenue, compte tenu de la chaleur. En même temps que "l'on dégrafe les tuniques, on desserre les cravates…au rebours des règlements, Bugeaud installe sa fameuse casquette, képi énorme avec autour un trottoir de cuir taillé en carré en guise de visière" (source : Epopée du costume militaire français ; Henri Bouchot ; société française d'éditions d'art ; 30 novembre 1898). Mis devant le fait accompli, l'intendance finit par fabriquer des casquettes règlementaires. Ces dernières que l'on voit sur la très grande majorité des gravures et cette époque se différencient de la casquette initiale "système D" par l'absence de visière latérale et arrière.

L'histoire étant un éternel recommencement, un peu plus de deux siècles plus tard, le lieutenant-colonel Bigeard qui commandait le 3 ème RPC imposa de la même façon sa fameuse "casquette Bigeard" initialement taillée dans des treillis.

L'origine de la légende

Lors d'une attaque de nuit, Bugeaud était accouru aux avant-postes. S'habillant en hâte, il oublia d'ôter son bonnet de nuit. Après l'alerte, il avait demandé qu'on aille lui chercher sa casquette. La demande s'était répétée de bouche en bouche : "La casquette, la casquette du maréchal !". Le lendemain, en reprenant la marche, les zouaves chantèrent : "as-tu vu, as-tu vu la casquette, etc.".
Depuis, ce refrain fort connu des troupiers est devenu légendaire et les clairons jouent toujours la sonnerie "la casquette".
Cette chanson fut longtemps chantée dans les régiments de l'Armée d'Afrique tout comme dans les écoles des villes et villages d'Algérie.

La casquette et le "14"

Le "14" qui fut par deux fois commandé par Bugeaud adopta la Casquette comme symbole. On la retrouve sur l'insigne du régiment.
Longtemps après, en 1999, à la veille de la dernière dissolution du régiment, les lieutenants du "14 ème" chantaient toujours le refrain "la casquette" lors de leurs réunions. Ils avaient créé "l'ordre de la casquette" dont leur président était le commandeur. Les officiers du régiment y étaient admis en fonction de certains critères restés toujours plus ou moins mystérieux.

Aujourd'hui, l'ordre de la casquette a été repris par l'amicale du Grand 14 pour distinguer les plus fidèles de ses adhérents.