Général FARBOS

Témoignage du général Farbos (1987-1990)


Commander le « 14 », quelle satisfaction, celle-ci me fut accordée par le commandement en 1987. En effet après 2 ans de commandant en second, je risquais de rejoindre un état-major parisien, mais il n'en fut rien.

Connaissant bien le régiment de « l'intérieur » mon action ne pouvait qu'en être facilitée.

C'est pourquoi je décidais de pratiquer une idée forte en obligeant tout le monde à agir vers un seul but TOUT pour le « 14 », mais dans le respect de la diversité que nous constituions. Quelques années après il est possible de décrire que ce fut possible parce que le socle que le colonel Chagnard me laissait était de qualité et que l'équipe d'officiers et de sous-officiers avait un dynamisme digne d'éloge.

Simultanément, car il fallait agir vite pour consolider le travail initial, tout fut entrepris. En application des directives de la division un exercice majeur ou une manœuvre significatifs tous les deux mois, soit à domi­nante parachutiste soit logistique, deviennent une routine ; le camp de Caylus ou la Montagne Noire devinrent des paysages familiers. Les opérations extérieures se succédant en permanence, de petits détachements se relaient, en Mauritanie, au Tchad, en R.C.A., au Liban et même une fois en Polynésie pour participer à la remise à niveau du parc automobile des sites de tir nucléaire pour arriver à partir de 1989 à envoyer des détachements du niveau de l'unité élémentaire comme celui du Tchad centré sur la compagnie du matériel.

En fait nous étions dans la turbulence qui concernait en permanence la 11e D.P. Certes cela avait ses contraintes, car il fallait continuer à soutenir la place de Toulouse et la division. Comme je le disais souvent lors des inspections, jusqu'à 114 à l'extérieur, « nous pouvons faire face sans difficulté, après il y a des choix à faire ».

Le redéploiement du régiment se poursuit portion principale au quartier Balma, les transmissions, la musique, le centre de passage à la caserne Niel avec l'EM, le matériel, le groupement du commissariat et la mobilisation à Pradère, une compagnie à Tarbes, une antenne médicale à Bordeaux. En bref présent dans tout le Sud-Ouest, mais surtout se positionnant sur Toulouse et Balma ce qui correspondait d'ailleurs aux vœux de l'amicale.

Quelques mots sur l'infrastructure sont toujours des références, sur ce sujet deux anecdotes méritent d'être rappelées.

La première est la façon dont fut sauvé le bâtiment P.C., victime de l'évolution de la nappe phréatique. La fondation se désolidarisait partiellement des murs, or la solution qui perdure est une initiative du chef du casernement, consistant à combler la fissure avec de petites cales en bois donnant ainsi un peu d'élasticité à l'ensemble. D'un côté la façade repeinte par les lieutenants suite à leurs blagues toujours « intelligentes » du 1er avril, de l'autre au savoir-faire du service génie. Le P.C. du « 14 » demeure dix ans après. Il aura tout connu puisque dans un lointain passé un débordement de l'Hers avait permis de naviguer en barque dans le bureau du colonel !

La seconde est la façon, dont le célèbre « bâtiment ballon » fut sauvé. Beaucoup d'idées étaient expri­mées, mais les crédits n'arrivaient pas. Aussi après une discussion difficile avec le colonel du génie de Montauban fût-il décidé d'agir en 2 temps : réfection en particulier des voûtes extérieures, qui lui donnent cet aspect particulier, puis bâtir de beaux projets pour l'intérieur comme un magasin d'habillement ou des salles pour la musique. Une fois l'extérieur refait y compris une grande partie des huisseries changées, le ballon était sauvé, l'aménagement de l'intérieur était pour le successeur, ouf !!!

En sport, je soulignerai deux souvenirs, la montée en puissance d'une S.M.PS. digne de ce nom, qui aboutira à l'achat de parachutes puis à la participation à de nombreuses prestations souvent de haut niveau. Mais très longtemps le pliage se fit en toute simplicité dans le couloir du P.C. !!!

L'autre est le 14 du 14 mensuel avec son départ à côté de l'hôtel de ville de Balma et parfois le maire lui-même pour donner le top départ.

Epreuve de vérité et d'endurance qui en peu de temps permettait à chacun, aimant ou non courir (mais le chef aimait), de se positionner par rapport à ses pairs et de voir si la forme physique était ou non. Le lendemain de certaines fêtes ou cocktails ce fut très dur !!!

Toujours présents dans les activités divisionnaires, nous étions également soucieux de former une vaste communauté humaine incluant les familles. Indispensables dans une collectivité, où les chefs de famille s'ab­sentent fréquemment, je ne saurai trop insister sur le travail discret mais efficace auprès des familles du pré­sident des sous-officiers, des capitaines commandant, de l'officier supérieur adjoint et des assistantes sociales, en particulier dans les moments cruels comme la mort du capitaine Challet et du brigadier Louail.

Outre cette facette je ne saurai trop souligner la bonne volonté et le dynamisme de beaucoup pour célé­brer notre saint patron Michel, comme les différentes fêtes d'armes. La commémoration du 26 mars sur le stade de Balma fut en tous points exemplaire, car après une seule répétition nocturne nous arrivions à réaliser un spectacle son et lumière qui sans publicité aucune remplissait plus que toutes les places assises des gradins, la population balmanaise nous avait adopté. Tradition oblige il en était de même pour le loto, indispensable au montage financier des fêtes de Noël, là aussi nous étions dans la plus pure tradition parachutiste.

Voici quelques souvenirs évoqués mais je ne saurai trop souligner le fait que nous avions tous le souci de servir le « brave 14 », unis comme un régiment parachutiste sait faire.