Général COLOT

Témoignage du général (C.R.) Colot (1979-1981)


Transmetteur d'origine, au début de l'année 1979 j'étais adjoint au commandant des transmissions de la 11 ' Division parachutiste à Toulouse. J'avais été désigné pour commander le 14e Régiment de Commandement et de Transmissions parachutiste, alors stationné caserne Pérignon à Toulouse.

En juillet 1979, dans le cadre de nouvelles réorganisations, il est transformé en 14 ème Régiment Parachutiste de Commandement et de Soutien et, de ce fait, il passe sous la tutelle de l'arme du Train. Cependant, après accord entre la direction du Train, la direction centrale des Transmissions et le général commandant la 11e Division Parachutiste, mes inquiétudes disparaissent et c'est avec joie que j'apprends que je commanderai quand même le « Brave 14 ».

Il est composé d'unités très diverses qui sont juxtaposées pour la circonstance et qui, en outre, sont éparpillées sur tout le territoire de la 4 ème Région Militaire.

La mission du régiment, bien sûr, était d'une autre nature que celle normalement dévolue à des transmetteurs et nécessitait une évolution des mentalités. Avec l'aide des camarades du Train, mieux préparés à ce genre de missions, cette adaptation s'est effectuée assez rapidement. C'est ainsi que, dès octobre 1979, ayant été chargé d'organiser le regroupement, l'équipement, la mise en route et l'accueil au retour des détachements mis sur pied pour servir au Liban dans le cadre de la Force Intérimaire des Nations Unies (F.I.N.U.L), il a pu s'acquitter de cette tâche dans les meilleures conditions.

En novembre 1979, M. Giscard d'Estaing, Président de la République, devait faire une visite à la ville de Toulouse. Apprenant que le général commandant la 11e Division Parachutiste avait envisagé que les honneurs lui soient rendus par un détachement du 9 ème Régiment de Chasseurs Parachutistes de Pamiers, j'ai demandé à mon général immédiatement supérieur (G.I.S.) de bien vouloir intervenir pour que ce soit le 14 ème régiment de Tradition de Toulouse, qui en soit chargé. En fait, il fut décidé qu'un détachement mixte, 14 ème R.P.C.S. et Base Opérationnelle Mobile Aéroportée (BOMAP), aux ordres du commandant du 14 ème R.P.C.S. s'acquitterait de cette mission. Cette première prestation de prestige fut un succès.

Dans le cadre de la réorganisation de la garnison de Toulouse, la caserne Pérignon devait être restructurée en vue d'accueillir l'année suivante le bureau du Service National. Cela supposait un redéploiement de la portion centrale du 14e R.P.C.S. qui devait éclater pour se répartir de manière tout à fait irrationnelle dans des locaux inadaptés et dispersés dans Toulouse et au quartier Pradères. Agréable perspective pour le chef de corps !

Entre-temps, l'E.C.T. avait fait mouvement du camp de Ger au camp du Hameau, ce qui lui permettait, à tous points de vue, de se déployer dans de bien meilleures conditions.

Par ailleurs, je m'étais rapidement rendu compte que l'installation de la musique divisionnaire ne pouvait pas être maintenue en l'état. Isolée dans une caserne quasi abandonnée, logée dans des locaux vétustés, délabrés, à la limite de l'insalubrité, elle vivotait à l'écart, sans aucun contrôle. Je l'ai donc ramené à la caserne Pérignon ce qui, entre autres, lui a permis de s'intégrer rapidement au régiment.

Début 1980, Saint Michel nous ayant probablement pris sous sa protection, mon camarade chef du bureau logistique de la 11 ème D.P. m'apprend que l'on parle de plus en plus de la dissolution du 45 ème Régiment du Génie de l'Air (R.G.A.) de Balma. Voyant là une opportunité inespérée, nous prenons contact, officieusement bien entendu, avec le commandant du 45 ème R.G.A. qui, avec une grande amabilité, nous a fait visiter le camp de Balma. D'emblée, les possibilités offertes par ce camp nous ont emballés. Après que nous rayions convaincu, le général commandant la 11 ème D.P. nous a fortement épaulés, tant auprès du major régional que de I'E.M.A.T. - qui ne voyait pas d'un bon œil cet agrandissement de son patrimoine immobilier - en provoquant maintes réunions et reconnaissances. Notre proposition fut enfin adoptée et au cours de l'été 1980, après le départ du 45 ème R.G.A. nous avons pu nous installer au camp de Balma. Ce ne fut pas sans difficultés. Mais quel changement ! Un camp aéré, vaste, des espaces verts, un stade, des hangars, de l'espace et... du pain sur la planche. Mais compte tenu des perspectives, tout un chacun s'est mis à l'ouvrage avec ardeur.

Parallèlement, le régiment devait participer activement à la mise sur pied au camp de Caylus de la 111 ème D.I., dérivée de la 11 ème DP, en aidant son propre régiment dérivé et l'état-major de la 111e D.l. Nous avons su faire face, à la satisfaction générale.

Dans la foulée, M. Giscard d'Estaing, Président de la République, venait, toujours au camp de Caylus, assister à une présentation de la 11 ème DP au cours de laquelle il a pu apprécier différentes activités. Cette présentation fut clôturée par une prise d'armes rassemblant tous les régiments de la 11 ème DP suivie d'une réception de délégations et d'un repas organisé par le 14 ème R.P.C.S. avec l'aide de quelques stagiaires de l'Ecole du Commissariat d'Auch. Manifestation de prestige qu'il ne fallait pas manquer !

Mais la vie du régiment ne s'est pas limitée à ce genre de prestations. De nombreux exercices ou manœuvres, aéroportés ou non, en liaison avec le 1er et le 2 ème ÇA, la Marine, l'Armée de l'Air, des armées étrangères européennes ou africaines ont concrétisé un entraînement intensif dans tous les domaines. Qu'il s'agisse de circulation et transport, de transmissions, de soutien des personnels ou des matériels, le régiment, peu à peu, a poursuivi avec opiniâtreté sa formation dans des domaines parfois nouveaux pour une partie des personnels.

Né dans des conditions difficiles, avec une mission nouvelle, mais disposant d'un potentiel humain formidable, un brillant ave­nir s'offrait à lui.

Pour moi, le commandement du 14 ème R.P.C.S. a, en premier lieu, été un grand honneur. Il a également constitué une expérience des plus enrichissantes. Confronté à des tâches inhabituelles, grâce à la disponibilité, à la compétence et à l'esprit d'équipe dont chacun a su faire preuve dans l'accomplissement des missions qui nous ont été confiées, des plus obscures aux plus éclatantes ou prestigieuses, en France ou ailleurs dans le monde, le « Brave 14 » a pu maintenir très haut le niveau de sa réputation.

Lorsque je le vois maintenant, j'ai conscience que nos successeurs, à tous les échelons, ont poursuivi et même accentué le degré d'instruction et d'entraînement en renforçant l'esprit de cohésion indispensable pour progresser.

Vingt ans après !... Le 14 ème R.P.C.S. a confirmé ses aptitudes. Il est connu et reconnu.