1816 - 1945

1. Le 14ème régiment d'infanterie de 1816 à 1914

Après le licenciement de l'Armée Impériale en 1815, sont crées 86 légions départementales. Cependant, cinq ans plus tard, une or donnance du 23 octobre 1820 redonne vie à soixante régiments d'infanterie. La légion de l'Eure donne naissance au 14ème régiment d'infanterie de ligne qui tient successivement garnison à Paris, Lyon et Perpignan.

En 1830, le "14" fait partie du corps expéditionnaire qui embarque pour l'Algérie. Il s'illustre le 15 juin 1830 lors des combats de Sidi Ferruch où il s'empare à la baïonnette d'une batterie de quatorze pièces d'artillerie de gros calibre et prend part avec succès à la bataille de Staoueli, d'Alger et à l'expédition contre Médéa. En mars 1831, le "14" rentre en France. En 1848, il concourt au rétablissement de l'ordre à Paris lors de la révolution.

En 1853, il s'embarque à Toulon à destination de la Crimée où il fera campagne durant deux ans, participe au siège de Sébastopol ce qui lui vaut l'honneur d'inscrire cette nouvelle bataille sur son drapeau : Sébastopol.

En 1859, sous le Second Empire, le "14" participe à la campagne d'Italie. Après la paix de Villanca du 8 juillet, il fait partie des troupes d'occupation et rentre en France.

Il tient garnison à Cholet quand éclate la guerre de 1870. Le 20 juillet 1870, il reçoit l'ordre de se rendre au camp de Chalons pour faire partie du 6ème corps d'armée du général Canrobert. II prend part au combat de Mouzon le 30 août 1870 ; le 31 août et le 1er sep­tembre, il lutte courageusement sous les pro­jectiles d'artillerie et face à la cavalerie allemande. Les pertes du régiment s'élèvent à 420 tués et 200 disparus. Le 2 septembre, à la nouvelle de la capitulation, le Colonel Doussot, chef de corps, fait brûler le drapeau du régiment en présence des officiers et des soldats. Le 3, les survivants sont emmenés prisonniers dans la presqu'île d'Iges. Après la guerre de 1870, le régiment est réorganisé à Limoges puis va tenir garnison à Brive. Il reçoit son nouveau drapeau à Paris en 1880.

2. La Grande Guerre (1914-1918)

Fort de 57 officiers et de 3246 hommes, le "14" quitte la caserne Niel à Toulouse le 6 août 1914 à la déclaration de la guerre.
Débarqué le 8 août à Valmy, il se dirige vers la Belgique avec la 34ème division. Il reçoit son baptême du feu le 22 août et s'illustre dans des combats meurtriers du 28 août au 10 septembre.
Durant la guerre des tranchées, le "14" va prendre sa part de gloire en particulier en Artois. Le 8 juin, la 3e Compagnie du « 14 » intervient victorieusement au profit du 83ème R.I., ce qui lui vaut une citation à l'ordre de la division. Le 8 septembre, lors d'une intense offensive ennemie, il mène une résistance héroïque qui cassera l'assaut allemand. Vingt et un officiers, la quasi totalité de ses gradés et 1300 hommes sont perdus dans ces combats à la suite desquels le « 14 » est retiré du front.

Le 25 septembre, le "14" est engagé dans les combats lors de la bataille de Champagne dont le nom s'inscrit sur le drapeau. La 3ème et la 5ème compagnie sont totalement décimées et citées à l'ordre de l'armée.

Après Verdun, le régiment est engagé à partir d'avril face à Moronvilliers dans la bataille des Monts. Du 30 avril au 4 mai, au prix de grands sacrifices, il prend le tunnel de la Fosse-Froide et les ouvrages fortifiés de Moronvilliers. Il capture 450 prisonniers, prend ou détruit 6 canons et 9 mitrailleuses. Ces exploits lui valent une citation à l'ordre du corps d'armée et l'inscription d'un nouveau nom de bataille sur son drapeau : les Monts.

Jusqu'au printemps 1918, le "14" est implanté dans la région de Châtillon menant principalement des actions nocturnes contre l'ennemi. Le 2 avril il fait mouvement vers l'Aisne où, dès le 18, son 2ème bataillon est dans l'attaque de la vallée de l'Aisne, enfonce la ligne ennemie et s'empare de 2 canons de tranchées, 7 mitrailleuses et 60 prisonniers dont 1 officier. Le 24, les allemands engagent sur un front étendu une puissante attaque qui doit les mener à Amiens. Le "14" cloue les allemands sur place malgré une pluie d'obus toxiques. Ces combats lui valent une première citation à l'ordre de la 1ère Armée. Un nouveau nom de bataille vient s'ins­crire dans les plis du drapeau : Picardie.
Suite à cette bataille, le "14" s'illustre de nouveau à plusieurs reprises et ses hommes se comportent merveilleusement. Le 10 juin, le régiment est relevé et le 10 juillet.

1918, le Général Hirschauer remet la Croix de Guerre au drapeau, récompensant ainsi la conduite exemplaire et héroïque du « 14 ».

Du 16 au 20 juillet, le « 14 » est engagé dans la bataille de la Marne où il va s'illustrer de nouveau en particulier sur le plateau Leuvrigny-Oeuilly d'où il rejette l'ennemi, faisant 82 prisonniers et prenant un canon de 105, 6 canons de 27 de campagne, 2 canons de 77 de tranchées, 19 mitrailleuses lourdes dont 17 prises de haute lutte. Sur 40 officiers et 1552 hommes engagés le "14" perd 8 officiers et 78 hommes ; 9 officiers et 424 hommes sont blessés. La Marne est la huitième bataille inscrite sur le drapeau.